vendredi 3 avril 2015

[vidéo] Crimée, Retour à la Patrie

Ce film documentaire retrace les faits, les sentiments et les actions entre autre de Criméens, de cosaques ainsi que de Vladimir Poutine depuis les événements du maidan jusqu'au retour de la Crimée au sein de la Fédération de Russie.
Il est sous-titré en français.

http://fr.sputniknews.com/videos/20150331/1015413940.html


samedi 14 mars 2015

Tsunami de décès chez les opposants à Porochenko

On ne pourra pas dire que les médias français n'ont pas traité l'info. Mais quel traitement lui ont-ils réservé ? Est-ce autorisé de comparer cela avec le traitement qu'ils ont fait du meurtre de Nemtsov ?

En bref un ancien gouverneur a été retrouvé mort dans le sud de l'Ukraine hier. Le Figaro rapporte la nouvelle de cette manière. En titre :”Décès suspect d'un allié de Ianoukovitch”.
Notons qu'il ne s'agit pas là d'un opposant à Porochenko. Nemtsov, lui, était présenté comme “opposant à Poutine.” Parce que lorsqu'un opposant meurt, l'esprit humain a tendance à se tourner vers ses adversaires... Là est mort un “allié de Ianoukovitch” donc ça peut tout être, on ne vide personne..Il s'agit de Alexandre Pkliouchenko ex-gouverneur de l'oblast de Zaporojé.
Stanislas Melnik
Mikhailo Tchetchetov
Alexandre Pkliouchenko





Le figaro reconnait que la mort est suspecte, et va même jusqu'à reconnaitre que deux autres morts parmi les “alliés de Ianoukovitch” ont eu lieu ces deux dernières semaines, l'une concernant Stanislas Melnik, le 9 mars et l'autre Mikhailo Tchetchetov le 28 février.

Il y a tout de même déjà matière à faire un article du genre: “L'étrange épidémie de suicide dans l'ancien parti de Ianoukovitch” ou “Des morts en séries chez les opposants au nouveau régime de Kiev”, puis y mettre des photos et planter ça, si ce n'est en première page, au minimum bien en vue. Mais l'essentiel est fait puisqu'on ne pourra pas dire que l'information n'est pas arrivée en France même si elle n'a pas fait le bruit qu'elle méritait. Toutefois l'information,  même si elle est traitée, reste partielle voire très partielle. Car si les quelques lignes du Figaro nous renseignent sur trois décès (lorsqu'on le lit, pas dans le titre), l'article ne remonte dans le passé que sur deux semaines. L'article s'est arrêté à la mort de Tchetchetov le 28 février.

Si l'on revient un peu plus loin, ne serait-ce que de 3 jours, qu'en est-il ?

Aleksandr Bordiug
Au 26 février, on peut dénombrer un 4ème cadavre, celui du vice-chef de la police de Melitopol,  Aleksandr Bordiug. Et la veille un 5ème cadavre, il s'agit de Serghei Valter, le maire de la même Melitopol.
Serghei Valter
A trois jours près l'article rate deux décès qui peuvent agrandir cette liste passant de trois décès en deux semaines à cinq décès en moins de trois semaines. 
Oleksii Kolesnik
Il y avait matière à gros titre ! Alors oui, on peut penser que cette façon de procéder est faite, non pas pour amener de l'information mais pour la minimiser jusqu'à l'oublier. Six morts parmi des hommes du parti des Régions, c'est pas un Nemtsov, qui a lui seul fait toutes les unes occidentales, c'est SIX FOIS PLUS DE MORTS !!
Pourquoi six, parce que cette série commença avec Oleksii Kolesnik, ex président du conseil régional de l'oblast de Kharkov, trouvé mort le 29 janvier !

Alors au lieu d'un titre quelconque, le Figaro aurait pu mettre plus en évidence cette nouvelle. Mais dans ce cas, son story telling de gentil nouveau gouvernement démocrate en Ukraine issu d'une révolution populaire et attaqué par les méchants russes ne tiendrait plus la route. Les méchants seraient du mauvais côté de son histoire et l'Ukraine serait alors aujourd'hui moins démocratique qu'avant alors même qu'elle est plus européenne ! Et le Figaro se limite donc à trois décès, que le titre n'évoque même pas alors que les décès sont au nombre de 6 pour la période du 28 janvier à aujourd’hui.
D'autres journaux en parlent dont courrier international, repris par Libé, avec un titre plus évocateur: “Une étrange épidémie de suicides à Kiev”:

mais là encore, dans l'article, on s'arrête à ces trois décès.

Là où l'on peut se poser des questions, c'est qu'en Italie, pays où la liberté de la presse serait moindre qu'en France, et bien Rainews revient bien sur la liste de 6 décès.

Rainews titre "Mystérieuse vague de "suicides" chez les lieutenants de l'ex-président Ianoukovitch" et parle des 6 morts

J'entendais sur France info, des journalistes ou chroniqueurs peu avant 20 heure hier soir se dédouaner des traitements de l'information et justifier leur professionnalisme.
La réalité c'est qu'aujourd'hui nous sommes passé derrière l'Italie en terme d'information internationale n'en déplaise au peu partial RSF qui nous met à la déjà peu glorieuse 38ème place en terme de liberté de la presse et déchoit l'Italie de la 53ème à la 78ème place pour 2015

Et pendant ce temps là, de quoi parle-t-on dans l'antre des valeurs occidentales ?


Ainsi nous sommes en présence de valeurs qui n'ont rien à voir avec le bon sens, la morale ou le désir d'améliorer la société, mais encore une fois tout démontre que l'occident agit comme un empire avec ses alliés médiatiques et politiques pour noyer les peuples sous de la fausse information. Le parlement devrait en premier lieu se soucier du manque de démocratie en Ukraine, de ses responsabilités dans cette situation, et plus encore du manque de démocratie dans les pays européens. Mais sur ce dernier point se serait remettre en question son existence propre alors cela ne risque pas d'arriver par ce biais.


Gigi Houille


***
MAJ ;
J'ai également oublié Nicolai Sergienko, trouvé suicidé le 26 janvier ce qui donne un chiffre de  7 décès d'hommes de Ianoukovitch en 1 mois et demi:
http://www.dialog.ua/news/38856_1422367936

MAJ2:
et puis ça n'arrête pas, voici qu'un procureur à Odessa se défenèstre...
http://glagol.su/2015/03/14/v-odesse-prokuror-pogib-posle-padeniya-iz-okna/
Là c'est certain c'est de la démocratie en Russie que le parlement européen doit débattre ...

dimanche 1 mars 2015

La marche du premier mars à Moscou et le meurtre de Nemtsov !


Introduction fiction:
J'ai besoin d'un type qui n'est plus dans la course de rien au niveau politique en France disons d'un poids populaire très faible; je prends Philippe Poutou. J'ai besoin d'un président, ce sera François Hollande, on fait avec ce que l'on a. Et dans cette fiction je prétends qu'il a derrière lui le soutien des 3/4 de la population. La, on est sûr que c'est de la politique fiction.
Un grand scandale arrive, Poutou se fait tuer au coin d'une rue de 4 balles dans le dos. C'est un crime horrible naturellement. Il faut une enquête et tout faire pour trouver les commanditaires et les motivations. Et voilà qu'à l'étranger, on se met directement à présenter Philippe Poutou comme l'opposant numéro UN à François Hollande et on insinue que c'est ce dernier qui a commandité le crime ! Voilà que toute une presse reprend en cœur cette rumeur, avant même que quelque enquête n'ait aboutie. Quelle pourrait être la crédibilité de cette rumeur aux oreilles des Français ? Qui pourrait penser que Hollande, qui plus est, avec un 75% d'opinion favorable, pourrait être effrayé par le poids politique de Poutou ? Et si la fabrique de martyrs avait justement l'effet inverse et ne relance ce mouvement exsangue ? Voire qu'elle réussisse l'union des groupusculaires oppositions et ne les rende (un peu) plus fortes ? Le status quo de Hollande face à Poutou (l'ignorance) ne pourrait que fragiliser encore plus Poutou (dans l'oubli). En réalité une telle opération ne pouvait faire que du tort à Hollande donc il parait impossible de lui mettre sur le dos ce meurtre.

Et bien, à quelques simplifications près, c'est pourtant exactement ce que l'on essaie de nous vendre avec le meurtre de Boris Nemtsov à Moscou. Ici une palme à Libération qui n'est décidément pas prêt de faire du journalisme.
 


Alors je pourrais en faire autant, donner les liens de Nemtsov avec la machine américaine à coup d’État, dire que ce sont évidemment les premier bénéficiaires de ce qui s'est passé, etc.. mais je me contenterai de dire que si tel est le cas, cela démontre que les USA sont à l'agonie. Que s'ils essaient une tentative de révolution colorée à Moscou aujourd'hui alors que Vladimir Poutine à bien plus de consensus dans la population que lors de leur dernière piètre tentative d'il y a trois ans, c'est qu'ils sont de plus en plus pressés par le temps. Et  plus ils avancent avec de gros souliers moins ils deviennent crédibles.

Et si ce n'était pas le cas ? Alors Poutine aurait arrangé ce meurtre pour que s'organise une tentative de maidan  ? Tentative qui va de toute manière échouer puisque sans soutien populaire. Il démontrerait alors que les influences américaines dans son pays sont inexistantes. Pourquoi pas. Mais sachant que la moindre manifestation dans les rues de Moscou contre Poutine est décrite en occident comme une marée humaine, cela reste très invraisemblable.
Cela est d'autant plus invraisemblable que voici un renseignement qui n'est pas anodin. Une marche était prévue de longue date par l'opposition pour défiler dans Moscou le premier mars. C'est-à dire que l'on savait que les gens étaient mobilisés pour libérer ce week-end dans leur emploi du temps et venir à Moscou en ordre de marche pour protester contre la politique de Poutine. Le meurtre de Nemtsov ne peut avoir qu'un et un seul résultat sur cette manifestation, accroître l'affluence !
Dans ces conditions, est-il permis pour un chroniqueur d'estimer que l'affluence à cette manifestation était, pour qui en avait intérêt, moindre qu’espéré et qu'elle aurait été un flop pire que d'habitude ?
L'opposition (cette opposition là) en voulait faire un événement énorme avec un site dédié depuis longtemps, avec aussi une invitation, que dis-je une exhortation de Alexeï Navalny à tous les Moscovites à si rendre depuis plus d'un mois.

"J'exhorte tous les Moscovites (et visiteurs) d'aller le 1 mars 2015 dans les rues et de prendre part à la manifestation pacifique de masse - marche anticrise du printemps" A. Navalny le 27 janvier 2015

Il ne fallait pas oublier les drapeaux, c'était une des demandes de la manifestation:

"Nous appelons tout le monde à aller à la marche anticrise avec le drapeau national de la Russie."

Tiens un drapeau de l'UE... en l'honneur de Nemtsov ?
Alors on peut croire qu'on a mis tout en œuvre pour qu'un effet charlie se produise en Russie, qu'une ferveur et une union nationale prenne et que des Moscovites puissent sortir dans la rue pour dénoncer le meurtre d'un homme qu'ils ne cautionnent pas pour autant, comme en France, les gens sont sortis pour dénoncer le meurtre de caricaturistes d'un journal qu'ils ne cautionnent pas pour autant.
Dans les mises en œuvre, on a un plan d'action avec nombres de lieux de manifestations prévus, une carte interactive sur le site, tirée de openrussia (prônant les valeurs européennes), nous en fait le topo. En rouge les manifs annulées, et je vous laisse deviner l'affluence des autres points de manifestations puisque nos médias n'en parlent même pas. Bref la grenouille s'est vue plus grosse que le bœuf, étrange non ? Vous imaginez le NPA prévoir des manifestations dans toute la France en espérant qu'il y ait du monde partout ?


Mise en œuvre également de distribution de tracts depuis des jours, même des ballons sont faits pour l'occasion (ici de l'équipe  de Saint Petersbourg):


























 



 




Donc nous avons toute une organisation pour mobiliser des gens depuis des semaines, et même si BFM nous dit que l'opposition a renoncé à la marche anti-Poutine pour une marche en l'honneur de Nemtsov, il est difficile de croire que les participants de la marche initiale n'iront pas à la seconde. Ainsi  après toutes ces informations il est évident que la mort de Nemtsov n'a pu bénéficier qu'à l'opposition occidentaliste et aux organisateurs de cette marche.
La seule remarque qui me vient alors à l'esprit est que si ce meurtre n'avait pas eu lieu, le nombre de personnes à manifester comme prévu pour la marche anticrise du premier mars aurait été encore plus faible.
C'est dire si l'on est loin d'une révolution colorée en Russie !


Gigi Houille

jeudi 26 février 2015

Le Quai d'Orsay confirme sa politique pro-américaine et ses résultats

Pour ceux qui doutaient encore du penchant du gouvernement pour la politique extérieure américaine (choc des civilisations)....
Les conseils du Quai d'Orsay en matière de voyage à l'étranger, relayé par l'immonde dans un article sobrement intitulé "Quels pays les voyageurs français doivent-ils éviter ?", ne laissent aucune place au doute...



Voici le monde selon la doctrine de Samuel Huttington :












Toute ressemblance entre ces deux cartes n'est que pure logique à la vue de la politique extérieure française alignée sur celle américaine et donc belliciste à l'égard des soi-disant "autres mondes".
La vassalisation de la France par les États-Unis au travers de l'Union européenne a un prix. Il est évident que le monde que cette situation crée n'est ni plus sûr ni plus en paix.
Un monde multipolaire implique une France souveraine capable de tenir des positions mesurées dans chacune de ses prises de paroles. 

Gigi Houille

dimanche 1 février 2015

Le conseil de l'Europe, l'Ukraine et la Russie

"Désolé pour la concision de l'article, ces semaines me laissent peu de temps de mise en forme"


Pour ces derniers temps:

4 faits:

1. Porochenko déclare que 9000 soldats russes avec 500 chars ont passé la frontière.
2. L'OSCE n'a rien vu de tel. 
3. Le chef militaire de l'état major ukrainien, Victor Muzhenko, déclare que les armées ukrainiennes ne se battent pas contre l'armée régulière de la Fédération de Russie dans le Donbass.
4. Le conseil de l'Europe demande à la Russie de cesser d'intervenir dans le Donbass.

2 questions:


1. Pensez vous que l'OSCE ait pu voir autant de chars et soldats et le nier ? Ou pire qu'elle est pu les rater ?

2. Un chef militaire ukrainien précisant qu'il ne se bat pas contre l'armée russe à Donetsk dans un conflit où il perd énormément de troupe peut-il mentir ?


2 Constats:

1. Les entités de propagande ne sont plus d'accord entre elles, chacune cherche à pousser au maximum pour faire croire que la Russie envahit l'Ukraine, mais l'une ou l'autre ne suit pas; trouvant le mensonge trop gros, et toutes se contredisent à foison. La palme pour Porochenko et le conseil de l'Europe.

2. Le conseil de l'Europe
Un organe de dialogue et d'union des peuples, un organe qui se gargarise de lutter pour “protéger les droits de tous les citoyens, promouvoir la paix et la coopération et assurer le respect de la loi et de l'ordre, en d'autres termes, démocratie, droits de l'homme et prééminence du droit.”
Et cet organe s'est dit que, pour améliorer la collaboration et l'unité entre les membres, il serait bon de priver de droit de vote à l'assemblée parlementaire les membres russes, et récemment de prolonger la mesure, ce qui a fait se retirer la Russie jusqu'à fin 2015. Une grande victoire pour la collaboration entre les peuples menées par le conseil de l'Europe.

Je n'ai pas vu le conseil de l'Europe, cette entité fondée sur des soit disant valeurs de respect de la loi et de droit de l'homme, s'insurger contre l'opposition à Yanukovitch qui ne respecta pas le compromis trouvé en février, ni sur le non respect de la constitution lors de la destitution du président. Et en matière de droit de TOUS les citoyens, qu'en est-il des citoyens du Donbass qui meurent sous les obus ukrainiens ?

Bref le conseil de l'Europe aurait pu saisir l'occasion d'avoir un vrai rôle et n'a fait que se pétrir dans un déjà-vu servile. Preuve de plus s'il en fallait que l'idée européenne n'est qu'un programme politique d’hégémonie d'une oligarchie occidentale et non de collaboration, de respect et de dialogue entre les peuples.


Gigi Houille 


jeudi 29 janvier 2015

Marre des "Mourir pour..." à but belliciste


Marre de ces parallèles douteux, alors j'y vais aussi du mien !

Alors que le conflit dans l'est ukrainien tant à se déplacer entre autre vers Mariupol, que des obus à peine tombés sur la ville ont été attribué par Kiev et les journaux occidentaux (qui parlent ensemble d'une seule voix), aux forces du Donbass sans la moindre enquête, Nayyem cherche à tort et à travers des parallèles entre la Russie et.... Hitler.
Nayyem c'est le soit disant journaliste, premier sur la place maidan l'an dernier avec un grand parcours d'europeiste patenté sous feints débats univoques. Nayyem c'est celui qui s'est fait apprendre que l'armée ukrainienne s'en prenait à des civils avec des méthodes de guerre civile génocidaire, et que ce n'est pas en considérant les habitants du Donbass comme terroristes que le conflit se résoudrait.

Quelqu'un qui a tout en sa possession pour avoir un avis objectif, maintenant que les dernières élections l'ont conduit à la Rada, et que sa première objection concernait les trop faibles émoluments des députés (au moment où l'on divise les retraites par deux, et augmente toutes les factures.), nous prouve qu'il cherche tout et n'importe quoi pour diffamer, pour ouvrir une guerre ouverte occident/Russie. Il n'a pas compris que l'occident s'il brille souvent, ce n'est pas par son courage mais par les milliards de projecteurs qu'il allume, voulant par là même, d'abord éblouir sa cible pour ne pas révéler sa vraie nature, et ensuite occulter les autres lumières de l'univers. L'occident se suffit à lui-même en tant qu'idéologie. Comme tout empire, on peut l'intégrer plus ou moins sciemment, plus ou moins démocratiquement, mais si on veut des relations bilatérales avec lui, on devient automatiquement ennemi de l'empire.

Ainsi après la défaite des forces ukrainiennes sur l'aéroport de Donetsk, le conflit se porte maintenant entre autre sur Mariupol. Il fallait bien que ce député du peuple trouve un moyen de mobiliser ses suiveurs, et en tant que représentant d'une pseudo élite intellectuelle, il se devait d'y mettre une dose de culture. Alors en cherchant un peu il a vu que toute la presse atlantiste a déjà fait ce rapprochement avec l'article de Marcel Déat, alors il s'engouffre à son tour et voici qu'arrive son article intitulé « Faut-il mourir pour Mariupol ? »

Pour dire que tous se sont engouffrés dans ce parallèle ridicule, voici les grand médias français en ordre de marche relayant un appel de 17 intellectuels polonais utilisant la phrase de Déat pour faire pression sur la France et l'Europe. Ici le monde (journal de révérence  déférence) suivi pat l'express qui en fait naturellement un article et le figaro vient appuyer tout cela une semaine plus tard !
Évidemment on pourra se demander (ou pas) pourquoi les grands canards français relayent un appel de 17 intellectuels polonais et ne relayent pas celui d'une centaine de descendants de Russes blancs émigrés.

Bref les rapports à « Mourir pour Dantzig » sont fait volontairement pour inciter les pays de l'UE à intervenir en Ukraine. De mourir pour la Crimée à mourir pour Donetsk, on a voulu mettre en avant une inertie européenne, et surtout française, notamment à cause des mistrals (toujours non livrés à ce jour dans le plus grand irrespect des lois du commerce mondial, et pour la pire image du pays à l'étranger).
Ici encore, mais cette fois pour les ukrainiens, on nous fait le coup de 1939 et voici le début de l'article de Nayyem que j'ai traduis ;
Il semble qu'est arrivé l'époque des politico-militaire déjà-vu à l'approche de la Seconde Guerre mondiale. Les Sudètes et les accords de Munich ont déjà eu lieu, en mars l'année dernière après le référendum en Crimée. Maintenant on y est tout près.
Au printemps de 1939 dans le journal français L'Œuvre est paru un article d'un homme politique très connu à l'époque, Marcel Déat - avec le titre « Pourquoi mourir pour Dantzig? »
Dans cet article, Déat a insisté qu'il était inutile pour la France et même nuisible de soutenir la Pologne dans un conflit armé avec l'Allemagne autour de Dantzig.
Les idées myopes de Déat ont été soutenus par presque toute l'élite française, y compris les intellectuels et les radicaux de droite qui sympathisaient avec Hitler. (Ces idées, cependant, n'étaient pas soutenues par 80% des Français, réclamant l'entrée de la France dans la guerre pour défendre la Pologne. Mais on ne les a pas considérer).
C'est important, non seulement Déat a appelé à ne pas se lever pour la Pologne, mais a aussi insisté qu'après l’annexion de Dantzig, l'Allemagne nazie tempérerait son appétit, et qu'un petit morceau de la Pologne peut arrêter l'expansion d'Hitler.
Il s'est passé tout le contraire. Le 1 septembre 1939, les troupes allemandes ont lancé une attaque sur Dantzig, un jour plus tard, la ville est devenue une partie de la Prusse orientale. Et la date de la chute de Dantzig est entrée dans l'histoire comme le début de la Seconde Guerre mondiale.
Je ne vous traduis pas la suite, mais il s'agit encore une fois de tenter de donner la responsabilité de ce qui se passe à l'inaction européenne, cette fois-ci aux yeux des ukrainiens et de continuer dans le mensonge de l'invasion russe. Évidemment Nayyem ne parlera pas de ces vidéos prises à Mariupol (très court- à écouter) :
où l'on entend clairement des mercenaires anglophones, des professionnels de la guerre. Donc si ingérence il y a, il semble que des occidentaux fréquentent les bataillons de Kiev. Demandons nous maintenant pourquoi des habitants du Donbass se demandent « qu'attend Poutine pour intervenir ? » Cela signifie bien qu'ils n'ont pas vu l'armée russe près de chez eux et que cette ingérence là n'est qu'un des nombreux mensonges de la propagande belliciste de Kiev.

Je voudrais maintenant reformuler un parallèle entre l'article de Déat et la situation d'aujourd'hui car il en existe bien un. Pour cela, on va d'abord regarder qui était Déat.

Il commença sa vie politique à la SFIO jusqu'en 1933, il devint ensuite néo-socialiste avec comme mot d'ordre « Ordre, Autorité et Nation » tout ça de manière socialiste bien entendu. Pas loin du national socialisme finalement mais en version pacifiste. Déat pouvait défendre ces idées-là tout en faisant des discours contre l'antisémitisme hitlérien, et être à la fois membre de la LICA (aujourd'hui LICRA), ainsi qu'au comité France-Palestine (organe sioniste) tout en déplorant « les effets de la solidarité juive au détriment de la nation et même du parti, dans le socialisme unifié ». Il fut également membre du CVIA (comité de vigilance des intellectuels antifascistes). Il était donc capable de grand écart d'une souplesse inouïe. Il était pacifiste mais pour une solution qui, alliant la France avec l'Angleterre, bloquerait l'Allemagne à l'ouest, la laissant faire ce qu'elle veut à l'est. Ainsi en toute logique, il écrivit son fameux texte le 4 mai 1939 « Faut-il mourir pour Dantzig ? ». C'est ensuite donc sans aucune surprise qu'en 1940 il vota les pleins pouvoirs à Pétain, il écrivit le 5 juillet 1940 « On refera une France intégrée à la nouvelle Europe ». Plus tard après l'éviction de Laval, il s'époumonera pour dénoncer l'emprise de l'Action française sur le gouvernement de Vichy, ce qui empêche, selon lui, une véritable politique de collaboration d'être menée.
En 1941, il fonde le RNP réussissant à attirer le MSR de Deloncle, des gens de gauche et des cagoulards d'extrême droite avec mot d'ordre « épuration et protection de la race » lui qui lançait en 36 dans un de ses plaidoyers anti-hitler « il n'y a pas de pays qui soit plus réfractaire que la France à la notion de race ». Ce rapprochement ne durera pas mais il aura eu le temps néanmoins d'organiser un congrès national les 14 et 15 juin à la Mutualité de Paris, dont l'union se faisait sur les thèmes de la collaboration franco-allemande et l'impératif de la construction européenne...Suite à quoi les deux leaders publient un communiqué avec Jacques Doriot et Pierre Constantini (fondateur du Mouvement social européen), un communiqué annonçant la création de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme, mieux connu comme LVF.
Son « nous sommes un peuple de métis » qu'il tonnait en 1935 devient alors « nous sommes des métis, mais des métis aryens », admirez la pirouette ! Le comité central du RNP soutient en novembre 1942 que « la lutte pour l'avenir de la France et de l'Europe ne se sépare pas désormais de la bataille engagée, dehors et dedans, contre la ploutocratie anglo-américaine et contre le bolchevisme, inspirés l'un et l'autre par la juiverie internationale ».
Lui qui, comme tous les médias occidentalistes le rappellent, refusait que les Français meurent pour Dantzig, est devenu alors membre des ami de la Waffen SS. Pour finir il fuit la France avec une délégation gouvernementale en août 44 et rencontre Hitler en personne. Condamné à mort à la libération, il se cache dans un couvent en Italie jusqu'à son dernier souffle.

Ainsi, lorsque ce monsieur a écrit qu'il ne fallait pas intervenir pour Dantzig, outre son pacifisme reconnu, et son opportunisme sans pareil, ce fut surtout son premier texte semant les germes d'un fanatisme pro-germanique et pro-européen, auquel s'ajoutera de l'anti-bolchévisme, et c'était bien des prémices de l'idée de façonner la grande Europe que l'on parlait. Celle qui engloberait grâce aux armées du 3ème Reich, et avec le soutien des collaborationnistes, les pays de l'est en son sein, contre le bolchévisme. Déat finit parmi les ultra-collaborationnistes au Reich ! C'est pour cela qu'il apparaît aujourd'hui que ceux qui dénoncent en rappelant ce texte, une soit-disant inaction française voire européenne, sont plus proche de l'idée même de son auteur, à partir de ce texte et jusqu'à son exil, à savoir l'idée de former une grande Europe. Et évidemment, Nayyem est le chantre de l'européanisme dans la vie d'une élite rétribuée à cette idée. Ainsi, la prochaine fois que vous lirez une référence à cet article de Marcel Déat, vous saurez qu'il y a de fortes chances qu'il provienne d'un partisan de la grande Europe et de ses vœux expansionnistes contre le reste du monde; qu'il y a de grandes chances que cela vienne plutôt d'un serviteur du choc des civilisations dans le but d'avoir un monde unipolaire occidentaliste que d'un défenseur de la liberté de chacun, du droit international et de la multi-polarité !




Gigi Houille