samedi 15 novembre 2014

Exemple de medias d'opposition en Russie.



Cet article anticipe peut-être un peu sur le prochain mais je tombe sur une info, ou plutôt un commentaire d'info ce matin que je voudrais partager. On parle du peu de marge des médias d'opposition en Russie, des lois qui se durcissent pour eux, on a notamment la nouvelle limite de 20% de part dans un média pour un étranger et de 50% maximum du média si celui-ci couvre au moins la moitié du pays et idem pour un journal s'il atteint le million d'exemplaire.
J'entends encore le chroniqueur Sergeï Parkhomenko dire, "ils nous font la guerre, ils nous coupent les vivres" et dire aussi qu'il est très difficile de critiquer le gouvernement. Pourtant si je veux des chroniques qui critiquent la politique russe, j'en trouve en veux-tu en voilà, cela se fait à longueur d'émissions et d'articles comme ici dans l'enfant du Financial Times et du Wall Street Journal qui, très finement pense-t-il, critique toute la société russe qui serait entre autre arriérée, isolée, sans fondement ni valeur faisant un parallèle avec la République de Weimar, et illustrant l'article avec une photo qui va bien. Plus bas deans l'article, on lit encore que pour la société russe, l'idée de "grande nation" serait la réaction névrotique de son échec et c'est ce qui expliquerait l’agression du pays envers l'occident. Pour faire court concernant la soit disant agression russe de l'Ukraine on peut dire que depuis mars, chaque jour l'occident en parle et pourtant ils refusent de donner des preuves. Étrange non ?
une des nombreuses preuves d'invasion russe en Ukraine une image de 2008

Pour revenir au sujet, l'auteur de cet article serait un politologue de l'université de Columbia (New-York) et est publié dans le journal Vedomosti, crédité de 75000 tirages papier 5 jours par semaine en 24 pages; le site internet étant donné à plus de 2.5 millions de connections uniques. Déjà on est pas mal, Poutine aurait donc transformé, via sa propagande, toute la société russe, il l'a rendue arriéré, cruelle et isolée, névrotique, sans base sociale ni valeurs donc si on peut dire ça c'est que oui on peut quand même critiquer et le gouvernement et les 87 % de Russes, qui étaient 66 % début 2014, à penser que la Russie va dans le bon sens!

Mais c'est d'un autre exemple dont je voulais parler. Un  exemple un peu moins assumé, et c'est pour cela que j'en parle. Il s'agit ce coup-ci de Tv Dojd, "la chaine optimiste" qui en publiant sur les réseaux sociaux son dernier article donnant une information sur le prix du baril de pétrole corrélé au budget russe, y va d'un petit commentaire des plus délicats.
Il est écrit dans la présentation de l'article publié sur Vk visible en capture d'écran ci-dessous:
Доброе утро. Сразу оптимистичные новости: 
«Если прогнозы аналитиков окажутся справедливыми и мы увидим цену на нефть на уровне 60-65 рублей за баррель, более 100 миллиардов долларов покинут российский бюджет»
qui veut dire:
Bonjour, tout de suite des nouvelles optimistes:
«Si les prévisions des analystes sont justes et que nous voyons le prix du pétrole au niveau de 60-65 roubles le baril, plus de 100 milliard de dollar quittent le budget russe».
capture compte Vk de Tv Dojd

C'est quand même pas mal comme nouvelle optimiste, juste une maladresse en rapport au slogan de la chaine ? Ou la nouvelle en elle-même a incité à écrire ces mots ? Alors la curiosité que j'ai eu, et puisque plus d'occidentaux sont sur facebook que sur VK, est d'aller  voir comment ils ont publié sur fb. Voici la capture d'écran ci-dessous:
 compte facebook de tv dojd
Comme vous l'avez remarqué, il manque trois mots: "Сразу оптимистичны новости" soit  tout de suite des nouvelles optimistes. Ils n'ont donc pas assumé leur plaisir à ce que la Russie perde 100 milliard de dollar de budget si le prix du pétrole continue à descendre. Je fais une recherche gogole pour voir qui a partagé cette présentation, et on voit dans cette capture de ma recherche ci dessous qu'il y a aussi un lien facebook qui renvoie à la page de TV Dojd où les trois mots sont bien présents (visible en gars ci-dessous)! Ils l'avaient donc bien écrit de la même façon que sur Vk puis ne l'ont pas assumé et ont modifié la phrase. D'ailleurs lorsque vous demandez la traduction à facebook, visible dans la capture du dessus, il traduit avant modification et donc apparait dans une traduction un peu plus moyenne que la mienne "Actualités une fois optimistes" !
capture recherche gogole

En conclusion, à tout ceux qui vont venir me dire que la presse est bridée et que Poutine guide le pays comme un dictateur... le 13 novembre Vedomosti insulte les 87% de Russes qui pensent que la Russie va dans le bon sens et traite à demi mot Poutine de Hitler, le 14 Tv Dojd se réjouit dans le cas où la Russie perdrait 100 milliard de dollar de son budget. Quand je lis ça, ma première impression est, ces journalistes sont-ils réellement russes ? Peut-on être russe et se réjouir de voir disparaitre 100 milliard de dollar du budget annuel de son pays ?
Alors certes je ne paye pas pour la chaine et l'intégralité des programmes mais qu'on ne me dise pas que c'est juste le slogan de Tv Dojd sinon pourquoi l'avoir effacé sur facebook et pourquoi ne pas introduire les nouvelles de cette façon tous les jours. Comparons sinon, en France la côte de popularité de Hollande est infinitésimale, mais qui oserait exulter si le budget de la France prenait un gros coup de moins bien ? Et pourrait-on croire à une sensibilité au bien du pays derrière une phrase pareille qui apporterait encore plus de précarisation, même si le gouvernement Hollande n'a pas besoin de cela pour tailler dans tous les acquis sociaux qu'une solidarité anti-plan américain et qu'une fierté nationale nous ont apporté il y a 70 ans de cela.

J'en reviens donc à la question du bien national. Faut-il être à ce point dénué de besoin et d'empathie que de se réjouir d'une possible précarisation de la société ou pire encore serait-ce des manifestations de haine envers toute la population du pays ? Ces médias d'opposition crachent allègrement sur toute la société russe, sur tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, sur tous ceux qui pensent différemment. Ainsi, il s'est reproduit à plus petite échelle ce que déjà l'an dernier dans un sondage sur le blocus de Leningrad s'était produit où la question était "Fallait-il donner Leningrad (aux allemands), sauvant ainsi des centaines de milliers de vies?". La chaine enleva ce sondage après 30 minutes, le public ayant très mal perçu la question. Peut-on s'appeler patriote en traitant comme cela la Grande guerre patriotique ? Au fait une société sans valeurs ni fondement ni base sociale comme l'écrit Vedomosti se serait-elle offusquer de cette tournure de question ? Quand TV Dojd (tv pluie) se montre avec un arrosoir comme pour prétendre faire croitre une graine, ou pour éteindre un feu, cet arrosoir n'est-il pas au contraire rempli de liquide incendiaire (qui ne serait pas du pétrole russe), incendiaire comme les bombes de l'armée ukrainienne près de l'aéroport de Donetsk et ses environs ? Alors, plus que des médias d'opposition au gouvernement, ceux-ci ressemblent fort à des médias anti-russe et plus encore ne montrent eux-même aucune distance entre les deux pensées. Il devient alors facile en se sabordant soi-même de crier ensuite à la dictature.

Je rappelle que des civils meurent et continuent de mourir dans le Donbass sous les bombes des alliés de nos gouvernements occidentaux, et que plus le temps passe plus les populations réclament l'intervention de Poutine. Alors pourquoi ces populations sur place ne voient-elles pas d'intervention de Poutine alors que des médias de l'autre bout du monde prétendent que l'invasion russe n'a de cesse ?




Gigi Houille

samedi 8 novembre 2014

Les tribunes de la presse Rousset/Guetta, le mensonge organisé et les jeunesses européistes

Rousset/Guetta: les tribunes de la presse, le mensonge organisé et les jeunesses européistes

Ces 6,7 et 8 novembre se déroulent au TnBA donc à Bordeaux les tribunes de la presse soutenuent par Alain Rousset président de la région Aquitaine et Bernard Guetta, fédéraliste affiché. Après deux jours de soit disant débat, voici des impressions personnelles.

inauguration du bureau de lobbying à Bruxelles
Tout d'abord, ça a commencé très bien, Rousset dans son discours nous dit qu'il est justement pour l'esprit critique, le savoir et la connaissance et que c'est justement le but de ces tribunes et la raison pour laquelle il les soutient. Mais ce moment de béate dévotion n'aura pas duré longtemps car après avoir honnêtement avoué que pour sa part il souhaite bien entendu défendre l'Europe et non la pourfendre, comme première raison, dit-il, c'est qu'il voit concrètement 1 milliard de fond européen destiné à la région.
Voilà ici le début du mensonge qui durera trois jours et nous allons voir pourquoi. En effet si la région aquitaine reçoit un milliard de fond européen, l'union européenne ne crée pas d'argent et la France est un pays contributeur net de l'union européenne. La France déjà paye à l'UE 21 milliard par an, et l'UE lui rend 14 milliard. Ainsi le milliard géré par la région aquitaine estampillé UE n'est rien d'autre qu'un milliard français ! Il en est de même pour tous les projets où vous voyez des fonds européens...pire l'UE a légiféré l'obligation de publicité pour la remercier de nous rendre notre argent..
Merci donc à Rousset pour ce premier mensonge et on va le voir pas le dernier de ces journées, et c'est fier de lui que notre cher président termine son ouverture par "Bon festival" !
Après deux jours, j'ai compris qu'il avait raison, c'est un festival et non un débat, festival de personnalités choisies qui ne sortent pas du cadre toléré, festival de non prise en compte du public à qui il reste peu de temps pour les questions, et festival de mauvaise foi, d’interprétations biaisés et de fausses informations. Quand on pense que la plupart des spectateurs sont des lycéens, des étudiants en journalisme ou science po, le lavage de cerveau que l'on veut effectué sur ces futurs générations est tout simplement sidérant.
tribune sur l'immigration

C'est au tour de Bernard Guetta de s'y mettre et comme je pense lui réserver un article rien que pour lui tellement il a dit d'aberration, je passe sur son introduction. Arrive alors la première tribune, l'Europe est-elle à bout de souffle avec Ivan Levaï (formidable dans ce reportage)  pour modérer le soit disant débat et présenter les intervenants leur demandant de se lever chacun leur tour, même Alexia Kefalas qui était pourtant enceinte jusqu'au coup, comme on aurait fait se lever quelqu'un à tout prix devant le pape ou le roi, sacrifice obligatoire pour cette Europe qu'il faut sauver....
On n'attend pas longtemps avant que n'arrive naturellement le prochain mensonge. Il faut défendre l'Europe nous dit Ivan Levaï parce que je ne veux plus connaitre de guerre. On inculque dans la tête de nos jeunes que grâce à l'Europe, on a la paix. Pourquoi c'est un mensonge ? Et bien pourquoi n'y a-t-il pas eu de conflit majeur en Europe après la 2ème guerre mondiale ? Ce n'est certes pas pour la politique de défense commune qui n'existait pas à cette époque (merci de Gaulles). Et donc, selon cette version ce serait parce qu'on aurait fait des accords sur le charbon et l'acier puis sur la PAC (politique agricole commune). La PAC aurait éviter des conflits majeurs en Europe ? Un peu de sérieux monsieur Levaï, il n'y a pas eu de conflit majeur parce qu'il y avait deux puissances nucléaires qui se faisait face, le bloc soviétique et le bloc atlantique. Et qu'un conflit entre ces puissances pouvait engendrer la fin du monde, c'était la politique de la terreur. Ainsi comme il n'y a pas eu de conflit, à l'ouest cela a permis de faire avance la toile économique d'un marché libre.
C'est donc l'exacte contraire, la paix a permis l'UE et non l'UE a permis la paix.

Jean Petaux
Petaux, il est intéressant, son idée démocratique se ressent bien dans cette phrase qu'il fait: "On est définitivement condamné à rester dans l'union européenne mais on veut que cette condamnation se transforme en volonté". En gros dès que vous aurez changé d'avis, vous nous aurez donné cette légitimité démocratique dont on se passe allégrement pour le moment, en d'autre terme on se moque totalement de votre avis, un jour ou l'autre vous serez d'accord avec nous. C'est le fameux despotisme éclairé que Paddoa Schioppa avait déjà avoué. Le monsieur est quand même expert au conseil de l'Europe et professeur à science po Bordeaux !!

Le cas Anne-Cécile Robert du monde diplomatique, dans ce débat, est intéressant. Elle se définie elle-même comme le vilain petit canard du débat. Elle est la caution démocratique de la tribune avec Alexia Kefalas. Évidemment sont émises de vives critiques de l'union européenne, où les normes économiques libérales sont prioritaires sur les normes sociales. Alexia donne des chiffres catastrophiques sur la Grèce, on comprend bien le manque de solidarité européenne dans une Europe où la Grèce ne représente qu'un si petit pays. Si nous n'arrivons pas à sauver la Grèce, qu'en sera-t-il de pays plus gros quand ce sera leur tour ?
Ivan Levaï s'adressant à Alexia après ses informations sur les conditions sociales accablantes dans lesquelles vivent les Grecs, "Donc cette Europe vous n'en voulez pas ?" et Alexia de répondre presque en sautant de sa chaise malgré sa condition "Pourquoi vous en voulez vous ? Cette Europe où l'Allemagne dicte tout ?" vous ne devinez pas la réponse de Ivan ? Il revient à la charge: "Moi j'ai connu la guerre alors..." bref le mensonge l'europe c'est la paix encore et encore..

Et après qu'ils aient soigneusement éviter de répondre à une question notamment Alexia concernant l'EPAM, c'est le tour de table de fin de ce "débat".
Ivan: "Alors cette Europe la défendre ou la pourfendre ?"
et chacun leur tour les quatre intervenants "la défendre"
Cela montre bien le cadre choisi et qui va se reproduire tout au long des "débats"... pourquoi appeler ces tribunes "L'Europe la défendre ou la pourfendre" si personne ne représente le côté de la pourfendre ? Elle ne convient à personne mais ils veulent tous la changer, ils veulent leur Europe. Ce n'est pourtant pas comme si personne ne voulait la pourfendre, c'est à dire dénoncer le traité sur l'Union Européenne, le TUE et sans être  ni extrémiste, ni populiste.. Ici 10 mouvements de 7 pays européens à un colloque international sur la dette organisé en Grèce en décembre 2013 ont fait une déclaration commune indiquant leur volonté de dénoncer les traités européens, en avez vous entendu parler ?
De même sur le tafta, où les interlocuteurs n'étaient pas tous d'accord sur les dangers de l'accord,  attention à ce point ou à cet autre, mais personne ne défendait l'idée qu'il ne fallait pas négocier cet accord, c'était le cadre toléré. Pourtant des acteurs existent sur la scène française défendant cette idée. Idem au débat sur Poutine ou la première phrase du modérateur avant de faire intervenir le public: ça aurait été bien que quelqu'un eut défendu le point de vue de Poutine. S'en apercevoir juste à la fin du débat, c'est ballot, non ?  

Ainsi Rousset et Guetta courageux comme des lions pour dire qu'ils se battront pour défendre l'UE mais téméraires comme des poissons rouge pour se confronter à de réels arguments, n'inviteront jamais de vrais contradicteurs...

Gigi Houille


PS:à venir (dès que j'aurai le temps) un article sur le débat sur Poutine notamment où l'on verra l'incroyable irresponsabilité de ces européistes qui poussent sans cesse à la guerre et qui sont sur le deux poids deux mesures à longueur d'argument..

jeudi 6 novembre 2014

Ukraine, la déportation d'enfant du Donbass devient légale !


 Ukraine, la déportation d'enfant du Donbass devient légale !


Cette vidéo alerte sur un oukase de Poroshenko. Le personnage dans la vidéo est Victoria Chilova, elle a un parcours très spécial d'abord dans la télévision puis en politique. En politique elle est passée par toutes les possibilités soutenant un parti puis son contraire, passée aussi par plusieurs scandales, de notoriété nationaliste et étant fin 2013 dans le parti de Oleg Liachko, elle surprend tout le monde en se positionnant du côté antimaidan puis anti-guerre.
Elle avait déjà porté des accusations auparavant contre des politiques notamment au pouvoir et en avait subi les conséquences. D'expulsion de parti à déclarations controversées, si l'on peut lui attribuer une certaine instabilité politique, on ne pourra pas lui reprocher un manque de courage.
Dans cette vidéo, Victoria Chilova est très inquiète sur les conséquences possibles d'un oukase pris le 29 octobre à Kiev et signé par Porochenko, il s'agit du décret 835/2014.
Dans ce décret, pris pour fournir en urgence des mesures sociales pour les enfants du Donbass, quelques mots dans le 5ème point prêtent à interrogation. Ce point stipule de prendre des mesures immédiates pour placer les enfants dont les parents, ou l'un des parents, sont mort pendant l'opération anti terroriste. Rien ne vous choque ? Placez un enfant dont l'un des parents est mort pendant l'opération anti-terroriste... l'un des parents. L'autre serait donc en vie ? Connaissez-vous beaucoup de parents qui laisserait prendre leur enfants pour le placer ?

La traduction revient plus ou moins comme ceci:

" 5/ prendre des mesures immédiates pour le placement dès que possible selon la procédure requise des enfants dont les parents (l'un des parents) ont péri pendant l'opération anti terroriste, (...) au moyen de la mise en tutelle des ces enfants, de leur adoption, de leur installation dans des familles d'accueil, des orphelinats de type familial, des établissements pour orphelins, et enfants privés de la tutelle familiale, assurer le financement correspondant des établissements en question, et le paiement des primes sociales prévues par la loi.


Ce décret entre en vigueur à la date de publication

Poroshenko

29 octobre 2014"


On pourrait donc maintenant placer des enfants qui ont pourtant encore un parent en vie et ceci par décret. Paranoïa ou pas ? Avec ce décret, le gouvernement ukrainien se laisse le droit de décider du futur d'enfant ayant encore un parent vivant. Dans le contexte actuel de l'Ukraine, c'est-à-dire une situation de guerre, et avec des forces extrémistes dans les organes du pouvoir, des mafias aux commandes, même si cela a toujours été, un gouvernement qui n'arrive pas à conserver un état de droit, comment ne pas redouter l'utilisation abusive de ce décret ? Comment ne pas penser que des enfants ayant pourtant des parents puissent se retrouver placés, ou plutôt placer ? Le gouvernement aurait-il peur que ces enfants apprennent par leur parent vivant une version différente de celle officielle concernant la mort de l'autre parent ?

Où sont les ONG qui disent s'occuper des enfants de par le monde, pour au moins émettre un bulletin d'alerte afin d'observer d'un œil attentif comment se passe en réalité l'application de cet oukase et pour alerter sur ses possibles conséquences ? Si l'on est capable d'arracher un enfant à son seul parent en vie, alors pour la suite, tout peut être imaginer quant à son sort !!


lien du décret et ici ou ici
groupe facebook antimaidan france où j'ai trouvé la vidéo.

Gigi Houille

mardi 4 novembre 2014

Agents russes ? Les services de sécurité ukrainiens défendraient-ils Kharkov des mannequins !


Agents russes ? Les services de sécurité ukrainiens défendraient-ils Kharkov des mannequins !



Toujours dans cette énorme propagande anti russe, il faut bien montrer au peuple ukrainien qu'on se défend contre l'invasion et donc Youri Butusov, conseiller de rédaction d'un des organes de propagande ukrainienne Цензор.net, nous raconte, photo à l'appui, la fin d'un saboteur russe, chef d'un petit groupe qui officiait autour de Kharkov. 
Bref les services de sécurité l'ont eu d'une balle dans la tête, parce qu'ils sont très fort et qu'ils visent très bien, on ne peut rien contre les services de sécurité ukrainien même quand on est un méchant russe.
Bref voici les photos postées par Butusov (on peut les agrandir en cliquant dessus):
 le corps sur la route:

le corps vu de près:


 les armes de sabotage:
et impact d'une grenade qu'aurait lancé l'agent russe quand il fut abattu:


Une première remarque, Butusov nous dit qu'un agent du SBU aurait été blessé aux jambes. Vu la manière dont la presse ukrainienne aime faire pleurer le chaland sur ses héros, pourquoi aucune photo du blessé aux jambes ?
En tout cas, cette nouvelle a évidemment été reprise aussi sec par Unian qui est l'organe officiel de propagande de la junte au pouvoir et évidemment aussi par euromaidan.
On peut remarquer que Unian prend une précaution sur des photos, celles ou l'on voit le corps. En effet au niveau du visage l'image est floutée, euromaidan partage également les images floutées:



Depuis longtemps on a pris l'habitude que lorsqu'ils floutent un Russe, c'est qu'il n'y en a pas, donc un mensonge? Ce ne serait pas la première fois. Et puisqu'on ne peut l'identifier, on ne peut savoir si c'est vrai ou non, ce qui laisse penser à un mensonge pour les anti-Kiev et à une vrité pour les pro. Ici pourtant vu l'angle de la photo il aurait été compliqué d'identifier le personnage que Butusov nomme Dmitri L.
En fin de compte en revenant sur la photo originale non floutée(cliquez pour agrandir), on peut émettre de sérieux doute sur la véracité de cette histoire, le corps au sol ressemblant étrangement à un mannequin, notamment au niveau des oreilles ainsi que sur l'apparence imberbe et le dessin lisse des traits.
Ainsi Unian, voyant bien qu'il y a comme un soucis avec cette histoire et cette photo, décide simplement de cacher le soucis. C'est ainsi que s'opère la transmission de la vérité dans les médias ukrainiens sur les attaques russes à répétitions. Ajoutons à cela que le corps a été déplacé pour les besoin de la photo entre la photo de loin et celle de près. C'est bête s'ils ne l'avaient pas déplacé, il aurait été de face ! C'est encore un élément en faveur de la thèse du mannequin ! Pour finir, si vraiment ils avaient un agent russe ils se seraient certainement empressé de montrer son visage afin de prouver que des russes envahissent l'Ukraine, encore là c'est raté.

En conclusion il semble que les agents du service de sécurité ukrainiens soient bien préparés et opérationnels dans le  cas où leur pays se ferait envahir par des mannequins. Les mannequins n'ont alors qu'à bien se tenir !


Gigi Houille
     

MAJ: on peut y rajouter ces images:

vendredi 31 octobre 2014

Législatives ukrainiennes à Paris: 73% pour la guerre !



Législatives ukrainiennes à Paris: 73% pour la guerre !


Tout ou presque a déjà été fait comme analyse sur les élections parlementaires ukrainiennes, et la pseudo victoire pro-européenne, sur les élections présentées comme un grand succès démocratique alors qu'on n'a vu pire élections depuis la naissance de l'Ukraine en 1991. L'unité de l'Ukraine aussi apparait comme factice au vu des résultats, ce que l'on savait déjà. En point intéressant on a notamment en vidéo cette analyse de Xavier Moreau, ou celle-ci de Karine Bechet-Golovko. Pour ceux qui aiment les cartes on peut y rajouter ce lien du pont du Dahu ou l'on voit bien que l'Ukraine unie n'existe pas, alors dire une grande victoire du pays en direction de l'UE est du domaine du mensonge.

Donc ici je veux regarder un point peut-être moins intéressant (ou pas) mais qui me semble peu anodin puisque dans les médias les experts ukrainiens qui nous abreuvent de leur science, de leur connaissance du terrain, de ce qui se passe, les échanges étudiants aussi, viennent effectivement des mouvements pro-occidentaux. Bref comment ont donc voté ces ukrainiens expatriés qui ont donc aussi l'influence de la patrie des droits de l'homme ?

 Alors voici un fromage de la répartition de l'ensemble des votes :








et pour comparer voici un fromage des votes des expatriés ukrainiens à Paris réalisé par le collectif maidan France:












On peut faire quelques remarques :
* Les plus extrêmes:
Secteur droit, complétement dans les choux en Ukraine fait à Paris 11.6%, et Svoboda dépasse les 5 % alors qu'il ne les atteint pas en Ukraine. C'est Liachko qui ne fait pas de consensus à Paris avec 1.5% contre 7.4 à Kiev. Quoi qu'il en soit on arrive sur Paris à un 18.4 % des partis  les plus extrémistes et néo-nazis
alors qu'ils en font "que" 14% en Ukraine.

* Les "juste" bellicistes:
Dans les "justes" bellicistes je vais principalement mettre Samopomitch, front populaire et Batkivshina , on a à Paris un bon 54.7% alors qu'en Ukraine ils réalisent "seulement" 38.5%.

*Le block Poroshenko
Alors qu'en Ukraine on ne lui fait plus ou peu confiance avec 21.6% de voix, c'est encore pire à Paris ou il arrive troisième avec 16.5 %. C'était Poroshenko qui avait négocié une "trêve" et qui est conscient que son armée est quasiment exterminée ou ne veut plus se battre.

Ainsi on remarque qu'à Paris, une forte majorité ne veut pas de cessez le feu et est très belliciste et dans les pays des droit de l'homme, dans l'un des coeurs de l'Union Européenne qu'ils prétendent rejoindre, on arrive à des chiffres plus haut pour les partis extrémiste qu'en Ukraine. Au cumulé des partis bellicistes avec les partis d'extrême droite et neo-nazis, on atteint un score de 73.1 % à Paris. Pourtant ils font de jolis sourires avec de belles couronnes de fleurs sur la tête, se voulant ressembler à des anges ou des victimes quand ils manifestent place de la République ou au Trocadero... Ils  n'ont pas toujours le teint livide et une balafre sur la joue les va-t-en guerre..
Vous me direz, c'est du n'importe quoi, on ne peut pas comparer, et puis le collège électorale est faible donc non représentatif. Ce qui est certain c'est que ceux qui pensent pouvoir faire évoluer la situation ukrainienne par le vote, ont voté pour la guerre à 73 %.
Il n'ont peut-être pas vu les vidéos ci-dessous:
Témoignage de soldats ukrainiens qu'on a laissé se retirer d'un poste de bloc encerclé
Témoignage de représentants ukrainiens sur le sort des prisonniers.

Gigi Houille


mardi 28 octobre 2014

La Coldiretti, les paysans italiens et Bruxelles

L'Union Européenne, l'agriculture italienne et la Coldiretti


La Coldiretti est la confédération des entrepreneurs agricoles italiens, la plus importante parmi les trois grosses structures syndicales agricoles italiennes. Elle s'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à l'agriculture, l'environnement, la sécurité alimentaire, l'économie agricole... La Coldiretti fait souvent de très bonnes études et sort des chiffres très révélateurs quant à la santé économique de l'Italie. J'avais parlé l'année dernière de l'étude sur la consommation de pain chez les Italiens, cette année la Coldiretti sort une étude sur la composition des pizzas. Comme nous allons le voir plus bas la Coldiretti met toute son énergie pour défendre le Made in Italy.

Commençons donc par ce rapport qui date du printemps dernier intitulé « La crise dans l'assiette des italiens en 2014 » et présenté par la Coldiretti de cette manière:

« Près de 2 pizza sur 3 (63%) servies en Italie sont obtenues par un mélange de farine, sauce tomate, mozzarella et huile venant de milliers de kilomètre de distance sans aucune indication pour les consommateurs qui aujourd'hui ont renoncé complètement d'aller en pizzeria (25%) ou ont réduit leur fréquentation (40%) par rapport à l'avant crise selon l'enquête Ixe'. C'est ce qui ressort du dossier « La crise dans l'assiette des italiens en 2014 » présenté par le président de la Coldiretti Roberto Moncalvo au théâtre Palapartenope de Naples, qui analyse pour la première fois également ce qu'il y a de différent avec la crise avec des plats parmi les plus représentatifs des traditions alimentaires italiennes comme ici avec la pizza qui est toujours moins italienne, la pâte devenue « autarcique » alors que les sauces ne sont plus faites ici, de l'arrabbiata à la puttanesca, elles sentent l'orient, et le pain est mis en pâte dans les pays de l'Europe de l'est.
2 pizza sur 3 avec des produits étrangers
 Le dossier met en évidence, nous explique la Coldiretti, qu'est arrivée une révolution historique pour la pâte, à partir d'une production faite de blé italien à 100 %, et qui a commencé justement pendant les années de crises. En Italie de plus en plus dans les pizzeria sont servis des produits préparés, souligne la Coldiretti, avec de la mozzarella obtenue par des préparations industrielles, les 'caillées', provenant d'Europe de l'est, des tomates chinoises ou américaines au lieu des italiennes, de huile d'olive tunisien et espagnol et tant qu'à faire de l'huile de tournesol à la place d'extra vierge italien et de la farine française, allemande,ou ukrainienne qui remplace celle obtenue avec le blé national. 
En Italie on a importé en 2013, selon Coldiretti, 481 millions de kg d'huile d'olive et grignons, en plus 80 millions de kg de caillé pour mozzarella, 105 millions de kg de concentré de tomate parmi lesquelles 58 millions venant des USA et 29 millions de Chine et 3,6 milliard de kg de blé tendre avec une tendance à la hausse de 20% dans les 2 premiers mois de 2014. Un fleuve de matière première qui, selon la Coldiretti, a malheureusement compromis l'originalité tricolore des produits servis dans les 50000 pizzeria présentes en Italie et qui génèrent un chiffre d'affaire estimé de 10 milliard, mais n'offrent aucune garanti sur l'origine des produits.... ».

Ainsi l'étude constate bien que les matières premières pour les plats locaux ne sont presque plus  produites en Italie. Déjà en 2010, une étude de la Coldiretti faisait ce constat sur la contrefaçon du Made in Italy, le cheval de bataille de la Coldiretti et voulait faire une filière 100% italienne pour la combattre et ainsi exporter du vrai Made in Italy. On voit 4 ans plus tard la réussite de la stratégie, il ne s'agit plus de lutter contre le faux italien à l'étranger mais dans son propre pays maintenant.

L'Europe dresse la table des Italiens
"la table des horreurs"
avec de la viande diluée
A la grande foire de Milan, on critique aussi vivement l'UE, au sujet des contrefaçons du Made in Italy, « le rôle de l'UE n'est certes pas passif, aujourd'hui l'UE consent que puissent être incorporés de la poudre de caséine et des caséinés dans les fromages coulés à la place du lait et permet aussi aux pays du Europe du nord d'augmenter la graduation du vin en ajoutant du sucre, chose toujours interdite en Italie. On apprend aussi qu'une mozzarella sur 4 vendue en Italie est obtenue avec des préparations faites à l'étranger. Le chocolat est aussi une victime de Bruxelles, car l'UE a imposé à l'Italie d'ouvrir son marché aux chocolats contenant des graisses végétales autres que le beurre de cacao », encore ici la Coldiretti est à la pointe de la lutte pour la bonne bouffe, et dénonce le vin sans raisin et le jus d'orange sans orange et dit bien que c'est Bruxelles qui impose cela ici au détriment de la Sicile !

Encore un autre exemple de manifestation Coldiretti pro-Made in Italy, où l' on se plaint du riz cambodgien pas cher et dangereux pour la santé, on va se plaindre au ministre de l'agriculture italien, tout est la faute de Everything But Arms  (tout sauf les armes) qui a éliminé tous les droits de douane a dit la Coldiretti. Mais on peut taper sur une décision de l'UE, ici l'EBA et juste derrière dire que le système d'alerte rapide européen a bien fonctionné puisqu'il a effectué presque une notification par semaine sur la présence de pesticide dans des produits asiatiques. Il se trouve également dans le rapport de la Coldiretti, des chiffres intéressants, les importations de riz cambodgiens ont augmenté de 360% au 1er trimestre à un prix moitié moins cher qu'il faut pour le produire en Italie. Et on conclut par "Que le gouvernement se fasse entendre à Bruxelles".

La Coldiretti a même organisé en décembre 2013, une manifestation à la frontière autrichienne (à la grande satisfaction des souverainistes italiens) pour dénoncer les contrefaçons du Made en Italy venant de l'étranger.... et promouvoir le vrai Made in Italy. Les manifestants étaient au passage du Brennero d'où arrivent des milliards de litres de lait en poudre, des millions de cuisses de porc pour faire des jambons, des sauces tomates en conserves. Ces produits étrangers qui comme le montre le dossier Coldiretti sont la cause de milliers de postes de travail perdus en Italie ! Et donc il faut absolument.... légiférer sur le MADE EN ITALY !!
Mais on trouve aussi chez Coldiretti le refus du TTIP, (au passage voici une pétition qui regroupe au TTIP  aussi les autres accords en négociation à la commission européenne, CETA et TISA avec une explication rapide en commentaire pour ceux qui ne connaissent pas). Et la Coldiretti nous donne la raison de son opposition  à l'accord transatlantique USA-UE, c'est parce que les américains ne reconnaissent pas le made in Italy, ni les produits d’appellation d'origine, on en revient là. Mais sous ces airs véhéments, la Coldiretti cache pourtant un secret que nous allons découvrir. Elle le cache si bien que sur la toile italienne on peut trouver des articles l'accusant de protectionnisme stupide et se voulant lui donner des courts de libéralisme. Dénoncer toutes ces hérésies européennes est une bonne chose, mais cela fait-il avancer les solutions, ou à chaque hérésie il faut une réaction, mais qui n'empêche en rien une autre hérésie future ?

L'autre face de Coldiretti

Et donc toujours très critique envers l'Union Européenne, la Coldiretti ne mâche pas ses mots, l'UE fait tout de travers, accepte la viande clonée et ne protège pas les plats traditionnels. Mais une interview de son président en 2012 nous renseigne un peu plus sur sa façon de voir. On a déjà compris que la stratégie politique, la pierre angulaire de la volonté politique de la Coldiretti est le Made in Italy depuis des années, c'est le gros dossier qui va sauver l'agriculture italienne.
On a dénoncé toutes les mauvaises lois imposées par Bruxelles et à la question de la journaliste, « Après deux ans de combats toujours pas de décret applicatif pour la loi sur l'étiquetage des produits, à qui la faute ? », il répond, « le problème est en Italie, il faut arrêter de s'en prendre à Bruxelles, l'Europe est devenue juste un prétexte pour quand nous ne sommes pas capable de faire les choses. C'est impossible que nous n'arrivions pas à nous mettre d'accord pour écrire un brouillon de lois et les porter à Bruxelles.»
La journaliste dit « mais de toute façon c'est de la compétence de Bruxelles, donc à quoi servent les décrets si après on nous les refuse ? ». Réponse du président: « A Bruxelles on négocie, l’étiquetage sur la viande de porc est passé ou sur le lait frais aussi, d'autres ont été refusé, mais la, il ne s'est rien fait du tout. »
C'est-à-dire qu'on est prêt à accepter que les lois proposées ne passent pas à Bruxelles mais pas que le gouvernement national n'en propose pas à la commission européenne. Bref c'est bien dans la cour de Bruxelles que la Coldiretti veut jouer même si elle crie à longueur de journée contre l'institution et même si c'est Bruxelles qui impose des lois qui font du tord aux agriculteurs italiens que l'on fait manifester toujours en 2014 comme depuis des années pour défendre le Made in Italy.

Et de la même manière, la Coldiretti soutient et explique la PAC, et ce qu'elle veut y défendre dans les négociations. Elle fait des conférences à la rencontre des paysans italiens leur montrant qu'elle prend son rôle à cœur, elle renseigne bien que par le futur, les moyens de la PAC pour l'Italie seront plus faibles.. sans dire que l'Italie est un pays contributeur net de l'UE donc aurait plus de moyen hors UE pour son agriculture.....Pourtant elle le sait bien puisque le petit groupe quelle a monté pour influer, soutenir et participer aux débats des politiques agricoles européennes, est capable de grande analyse critique et pointue,
Solde net budget UE par pays 2012
Solde net UE pour l'Italie 2007/2012
dont des explications sur les financements de l'UE et de la PAC dès le premier chapitre. Elle donne même le solde net par pays pour 2012 à la page 26 et pour l'Italie sur 5 ans page 27(cliquez sur les image pour les agrandir). Ainsi on voit bien que l'Italie est un contributeur net de l'UE, mais qui va lire se rapport de la PAC ? Et puis tout cela pour finir dans la conclusion par constater que si tout n'est pas bien, c'est en évolution, la PAC c'est un chantier ouvert et un grand progrès pour l'agriculture n'en déplaise aux mauvaises langues qui l'accusait d'être une vieille politique. Dans ce groupe il y a entre autre le représentant de la Coldiretti à Bruxelles qui est membre de l'European Economic and Social Committee et de tant d'autres groupes, qui a fait sa carrière autour des institutions européennes. Pourquoi devrait-il se congédier ?

Ainsi la Coldiretti se retrouve souvent à Bruxelles,  ici par exemple pour promouvoir l'entrepreneuriat des femmes dit entrepreneuriat "rose".
Ou ici la Coldiretti de Viterbo était à la convention sur la promotion touristique et produit du terroir à Bruxelles le 10/10/14 avec la présence du commissaire européen Antonio Tajani, d'un représentant de l'agence régionale d'agriculture, d'un maire, d'un maire adjoint, d'une fonctionnaire de la commission tourisme et culture de la communauté européenne et les dirigeants locaux de la Coldiretti.
Alors que les dirigeants locaux italiens remercient Bruxelles pour ce signe de rapprochement et d'appartenance à l'union, le commissaire Tajani voit cet évènement comme une exaltation de la coopération européenne.. le commissaire et vice président continue : «  Nous devons faire connaître les opportunités qui existent en Europe, Rome offre beaucoup du point de vue archéologique mais n'est pas à l'avant garde dans les services...Bien sur que les administrations locales peuvent faire beaucoup mais elles doivent aussi être aidées, il leur faut un réseaux...Rome doit comprendre que ça lui est utile de promouvoir aussi les autres régions d'Italie » et le représentant Coldiretti, « Merci au commissaire Tajani de nous apporter soutien et réconfort dès qu'on en a besoin, je dois dire que le commissaire fait un très gros travail aussi ». On a donc assisté à un échange de bisous loin de l'ambiance des manifestations sur le sol national...

En réalité,  la Coldiretti voyage souvent à Bruxelles, elle aime même tant Bruxelles qu'elle y fait carrément ses États Généraux. Avant de s'y rendre, la section Coldiretti Sardaigne de Sassari a déclaré  par la voix de son représentant « les productions régionales, reconnues dans le monde entier pour leur unicité et leur qualité, vivent dans l'incertitude d'un marché qui n'est ni contrôlé ni orienté par des politiques économiques qui puissent donner de la stabilité et une orientation de croissance à notre agriculture...le défi sarde pour les prochaines années passera certainement par comment nous saurons redistribuer et orienter la distribution des fonds européens.. »

La Coldiretti  pense tellement à faire du lobbying à Bruxelles qu'elle offre des bourses d'études comme ici d'une valeur de 11,000€ avec 3 mois dans les bureaux de la Coldiretti à Bruxelles puis 6 mois en local.Quand ce n'est pas pour des bourses, on a tellement Bruxelles dans la peau qu'on réussit à envoyer des étudiants en visite à Bruxelles leur montrer les institutions, les bureaux de la Coldiretti, le parlement européen. Ainsi on commence à comprendre un peu la ligne de la Coldiretti, les dirigeants veulent que ce soit l'Union européenne qui interdise le vin sans raisin, ou le fromage sans lait, etc (video) alors que la presse (ici la Repubblica) présente faussement la Coldiretti est en croisade contre l'UE... Les étudiants plus haut ont aussi visité les bureaux de Copa-Cogeca. Qu'est-ce-donc  ce truc ?


La COPA-COGECA

Finalement nous en arrivons à la Copa Cogeca de laquelle la Coldiretti est membre, comme l'est pour la France entre autre la FNSEA ainsi qu'un grand nombre de syndicats ou coopératives agricoles en Europe. Le site coop de France explique de manière synthétique comment copa cogeca fonctionne:

Organisé autour de 3 niveaux le secrétariat général du Copa Cogeca permet aux représentants des fédérations membres d'aborder ensemble les problématiques européennes et d’arrêter des positions communes.
  • Les premiers travaux d’analyse et de négociation s’effectuent au sein de plus de 50 groupes de travail de filière ou transversaux.
  • Le Comité de coordination politique (POCC/CCC), composé des représentants des organisations professionnelles nationales, examine les travaux émanant des groupes de travail du COPA-COGECA et en assure la cohérence globale. Il procède à des échanges d’informations, coordonne les activités et assure le suivi des décisions prises.
Le Praesidium arrête les décisions nécessaires et approuve les travaux des autres instances.

Donc on négocie avec tout le monde pour avoir un accord globale et cohérent et pour le présenter par la suite à la commission. Tout le monde ici, représente un nombre conséquent de coopératives agricoles et d'organisations de paysans. Copa-cogeca déclare représenter 30 millions de paysans qui parlent tous d'une seule voix. Cet accord global et cohérent que la Copa Cogeca présente à la commission, la commission le traite de la même manière. Elle discute avec tout le monde et après elle décide. Tout le monde ici représente tous les acteurs économiques qui touchent de près ou de loin à l'agriculture, agro-industrie, tourisme vert ainsi que leurs lobbys.
Dans ce lien vidéo, un exemple de ce qu'a pu faire le lobby du tabac au niveau des instances européennes. Bref, on s'explique mieux pourquoi ce que veut la Coldiretti, déjà noyée dans Copa Cogeca, n'arrive quasiment jamais en décision de la commission, par contre tout ce qu'elle ne veut pas, la Coldiretti n'arrive pas à l'empêcher. Mais qu'à cela ne tienne puisque la Copa-Cogeca prétend défendre et développer un modèle européen d'agriculture, n'est-ce pas l'essentiel ? Alors continuons ainsi..



Et puis d'ailleurs la confédération coopérative des vignerons de France , coopérative membre de coop de France qui elle même est membre de Copa-Cogeca, la CCVF donc, elle aussi est heureuse du travail de la Copa Cogeca. Elle la félicite pour son travail à Bruxelles et compte bien négocier le traité transatlantique pour s'ouvrir le marché du vin américain. Pour rappel, le CCVF est en total désaccord avec la Coldiretti, sur le TTIP, qui ne le dit pas à ses membres. Alors quelle voix va écouter Copa Cogeca ? Et quelle voix va-t-elle défendre ?

La Copa Cogeca se targue de porter une voie unifiée des paysans d'Europe, mais on voit déjà qu'ils ne sont pas d'accord entre eux. Peut-on vraiment considérer que ce système soit profitable à tous ? Mais qu'à cela ne tienne, continuons puisque nous sommes en mission, une vocation comme une voix venue du ciel: "il faut faire du lobbiyng à Bruxelles pour que notre voix soit entenduuuuuuuuuuuuuueeeeeeeeee"

Et donc la Coldiretti Jeunesse fait partie de CEJA, soutenu par l'UE, et qui s'est créé pour demander à l'UE des fonds pour les agriculteurs de moins de 35 ans. Eux non plus ne diront pas que les agriculteurs de pays contributeurs net de l'UE ne reçoivent rien de l'UE mais ce sont des impôts pris dans leur propre pays qui leur reviennent seulement pour partie. La CEJA étant subventionnée par nos impôts estampillés pour l'occasion UE, ces membres se garderaient bien de cracher sur ce poste valorisant. En France les jeunes agriculteurs sont membres de la CEJA, et donc ils organisent en bons élèves qu'ils sont des conférences  pour faire aimer l'UE.


Quel rapport entre la Coldiretti et l'UE ?

Alors maintenant que nous avons fait un petit tour de la Coldiretti, ses engagements, ses actions, ses opinions, on peut se demander pourquoi elle ne va pas plus loin. Elle ne cesse de conspuer les décisions européennes et pourtant elle joue le jeu de l'UE, elle reste membre du lobby européiste à Bruxelles Copa Cogeca même si ce lobby ne défend pas forcément ses positions, et fait régulièrement manifester les paysans italiens sur les places italiennes. Admettons qu'à Bruxelles, mieux vaut y être pour essayer d'influer même si au niveau national on critique sans cesse l'institution. Mais alors pourquoi on ne remet jamais en cause l'institution ? Est-ce une idée si extravagante que la Coldiretti ne l'ait jamais dite ni jamais pensée ?

Pour mieux comprendre la Coldiretti, on va donc chercher dans ses statuts ce qu'il se passe. On y trouve évidemment la protection de l'environnement ainsi que l'appui à la compétitivité la baisse du coup du travail et le point 2.11: 
  • "Pour poursuivre ses propres objectifs, la confédération développe, en coordination avec les fédérations alliées, un programme organique de formation permanente inspiré par les valeurs éthiques et sociales qui sont porteuses de l'affirmation des principes de la démocratie économique, du développement d'une culture moderne d'entreprise et de la réalisation d'un vrai processus d'intégration européenne..."

En résumé, la confédération développe donc un programme inspiré par les valeurs porteuses de l'affirmation de la réalisation d'un vrai processus d'intégration européenne !
C'est à dire que si tu es contre l'intégration européenne, tu es en désaccord avec les status de la Coldiretti et donc tu n'y restes pas, ta voix ne pourra s'exprimer au sein de la Coldiretti qui, elle, est rediffusé dans tous les journaux locaux ou agricoles sans changer la moindre virgule au communiqués ni y faire des critiques constructives comme le remarque l'écrivain, journaliste et spécialiste de l'huile d'olive Luigi Caricato.

Dans le dernier article des status, on apprend que les membres ayant voté ces status resteront en place jusqu'au 20 décembre 2018 date avant laquelle de toute manière rien ne changera de la part de la Coldiretti, elle ne remettra pas l'existence des institutions en cause, suivra gentillement ses status, ses limites. Elle aboiera mais jamais ne mordra. Elle fera manifester ses paysans et fera croire que l'on peut  vraiment changer les choses à Bruxelles et avec un mot d'ordre le Made in Italy.

Je vous laisse toute interprétation ou parallèle avec la situation française, Je trouvais intéressant d'expliquer celle italienne, car dans les deux pays les agriculteurs payent un lourd tribu et sont sacrifiés sur le bûcher de la "mondialisation", sans qu'aucune voix puissante ne représente vraiment leur intérêt ni celui des peuples qu'ils nourrissent.

Gigi Houille


PS: Si vous avez lu jusqu'au bout, il y a toute les chances que vous connaissiez  Claude Bourguignon, mais le cas échéant voici l'occasion de le connaitre.

dimanche 26 octobre 2014

Des auteurs de "Maidan" à Vladivostok



Je propose la traduction (un peu vite faite) d'un article de Ridus qui nous montre les non remises en question des politiques américaines et la fuite en avant de haut responsables qui ne font que ce qu'ils savent faire et pour quoi ils ont été embauché, c'est à dire la déstabilisation des État pour les intérêts des USA. Ainsi, quand on prétend un certain pouvoir sur le monde et que l'on veut un monde de paix, il est clair que l'ingérence dans des pays, qui plus est des pays en paix, est tout au contraire une marque d’agression significative, et un non désir de dialogue ni de solution pacifique diplomatique. Au cas ou vous n'auriez pas encore lu le discours de Poutine au Valdaï, voici une traduction française pour vous faire une idée de la vision du monde et de la politique étrangère russe que je résumerai en quelques mots : souveraineté des nations, respect mutuel et prise en compte des intérêts de chacun, soit l'exacte contraire de la politique étrangère américaine.


*******************************

source: Ridus


 A Vladivostok débarquent des auteurs de "Maidan"



Nuland distribuant des coockies
Trois responsables américains de haut rang, y compris l'assistante devenue célèbre pour la distribution de biscuits à l'euromaidan, Victoria Nuland, se rendront à Vladivostok avant la fin d'octobre. Les politiciens locaux croient que le véritable but de la visite des étrangers est de sonder l'humeur du public dans la région.
Pendant 5 jours, du 23 au 28 Octobre à Vladivostok viendra un analyste de la Russie et de l'Eurasie du Département d'Etat, Beverly de Wald. Sur la liste de ses travaux il y a l'Irak et le Kosovo. En 2008, De Wald était en mission en Afghanistan, où il a étudié les tribus locales, leur apprenait comment correctement gouverner localement, et préparait également les instructions pour le ministère de la Défense, expliquant à l'armée américaine les spécificités du déroulement de l'intervention dans les différentes régions du pays. 

Nuland - Tiagnibok
Les 24 et 25 Octobre à Vladivostok viendra travailler le sous-secrétaire adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes, Paul Jones. L'assistant de Victoria Nuland, représentante officiel du Département d’État américain, qui est devenu largement célèbre par des faits prouvés de participation active à la préparation de coup d’État illégal en Ukraine: "qui a eu personnellement des entretiens avec les dirigeants de l'opposition, y compris des représentants du «secteur droit »; à plusieurs reprises a visité l'euromaidan, en compagnie de Catherine Ashton, a parlé avec les militants et leurs offrit des «cookies». 

Paul  Jones
En ce qui concerne Paul Jones - travail dans le centre opérationnel du Département d'État des États-Unis au cours de la chute des régimes communistes en Europe de l'Est, l'invasion américaine du Panama, le coup d’État aux Philippines; deux ans de travail à l'ambassade américaine à Moscou; a travaillé dans les Balkans au cours de l'agression des États-Unis et de l'OTAN (Bosnie-Herzégovine, Macédoine). Jones est aussi ancien directeur pour les affaires des Balkans au bureau du département d’État américain pour l'Europe et l'Eurasie. 
En parallèle avec le premier visiteur, Beverly de Wald, il a travaillé en Afghanistan et au Pakistan, adjoint du représentant spécial du Département d’État. Avec Nuland à plusieurs reprises il s'est rendu en Ukraine pendant le coup d’État afin de soutenir toute l'opposition. Paul Jones est considéré comme un partisan de l'idée de la propagation de l'hégémonie américaine dans le monde entier grâce à la révolution "orange". En Primorié, il a revendiqué sa rencontre avec des représentants de l'opposition libérale, des ONG environnementales, des hommes d'affaires qui opèrent dans l'activité économique étrangère des USA, et avec certains scientifiques

Tracy Lynne
Dans la période du 29 au 31 Octobre dans la capitale de Primorié arrive l'ambassadeur américain adjoint à la Fédération de Russie Tracy Lynne, qui elle a de l'expérience en Géorgie, le Kazakhstan, le Pakistan, le Kirghizistan, l'Afghanistan, le Turkménistan. « Leur but est la connaissance de la région et une mission diplomatique américaine en Russie. Donc, Tracy Lynne a été nommé adjoint de l'ambassadeur il y a plusieurs mois et elle n'a pas encore visité le consulat à Vladivostok dans ce poste. Par conséquent, dans ces programmes il y a une brève visite et des rencontres avec les employés du consulat général, ainsi qu'avec un certain nombre de responsables russes»  nous dit IA PrimaMedia selon les explications du représentant du département des relations publiques au Consulat général à Vladivostok Dmitry Motovilov.

Les politiciens locaux estiment que cette attention à Vladivostok est causé par l'intention d'influencer l'opinion publique et de la politique interne de la Fédération de Russie.

«Récemment, nous avons un nouvel ambassadeur américain en Russie, qui avait eu une relation directe avec l'organisation des « révolutions de couleur » et l'action militaire en Yougoslavie, en Géorgie et en Ukraine. Je pense que cette position signifie que les États-Unis commencent activement à prendre racine dans nos politiques nationales et de la société »,  pense le député de l'Assemblée législative de Primorié Vladimir Bespalov. « Le fait que voici venir les représentants de ces organisations, et peut-être des services spéciaux - ils sont venus pour étudier l'opinion publique, les attitudes, évaluer la situation « US-Russie-Ukraine » et peut-être obtenir des réseaux, créer des contacts pour inviter à faire une éducation spéciale. En définitive, influencer les cerveaux ».

Le représentant du parti non-parlementaire "Velikoe Otetchestvo" Victor Slepishev croit que les Américains vont secouer l'opposition dans le Primorié.

«Beaucoup de ces réunions se tiennent à huis clos, sont effectué avec des hommes d'affaires, des représentants d'organismes publics. Comment ça se termine, nous avons vu pour l'euromaidan, au marais. Donc, je ne voudrais pas que le débat ait lieu secrètement, derrière notre dos » dit Slepishev.
Dans le Consulat général des États-Unis à Vladivostok, ces visites sont appelées visites d'études ordinaires.


source
Traduction Gigi Houille